Mon arrivée

Dernière mise à jour : 12/01/2017

Sortir de sa zone de confort

En quittant la France je savais ce que j’allais quitter, mais ne savais absolument pas ce que j’allais trouver. Comme j’ai pu déjà le dire, le départ avait déjà des allures d’aventures lorsque je suis arrivé à l’aéroport Charles de Gaule. Mon départ avait 4 heures de retard, d’une certaine manière j’ai compris que j’allais vivre les deux ou trois prochains jours dans des conditions très particulières. En trois jours, 8 heures de dodo, deux bouteilles de 1L d’eau, 4 repas entre Paris, Miami et San José. Mais j’ai surtout pu découvrir un tout petit bout de Miami. J’étais comme un enfant qui n’ose pas sortir de chez soi. Sortir de l’aéroport me faisait peur a l’idée de ne pas réussir à comprendre les gens, le fonctionnement du bus, de ne pas retrouver mon chemin. Et non la technique du petit Poucet n’était pas adapté. Et puis il y avait une sensation de protection tant que je captais le wifi de l’aéroport. Sans connexion, plus de liens de communications, plus de GPS, plus de traducteur. Enfin bon cela me fait pas mal réfléchir à ce que j’aurai pu loupé ce jour dans Miami à cause de cette impression du wifi tout puissant. Autant vous dire que j’ai ré-appris la soif, la faim et le besoin de sommeil. Arrivée dans la nuit à San José, j’ai dû apprendre très rapidement à me méfier des « taxi drivers ».

Avant de partir, on m’a souvent dit que j’allais rencontrer de belles personnes, mais j’aurai dû aussi me préparer à en rencontrer des malintentionnés. En effet, un des Taxi driver très gentil et voulant m’aider (en apparence) dans ma course contre la montre pour ne pas louper mon bus, m’a bien arnaqué, et je me suis fait volé ma carte bleue après qu’il m’ait expliqué comment cela marchait. A ce moment, j’avais tellement besoin de communiquer mais aucun accès wifi et réseau. En effet, ce long périple vers Punta Mona est un rêve qui se concrétise mais comme tout il s’accompagne de son contraire. Je n’ai pas toujours était « be careful ». A chaque erreur est lié son apprentissage.

Lorsque je suis arrivé à Manzanillo, j’ai cherché José, le pilote du bateau qui devait me mener jusqu’à Punta Mona, je ne l’ai pas trouvé, j’ai cherché à y aller à pied. Très belle randonnée à travers la forêt tropical, où j’étais connecté avec Mère Nature avec chacun de mes sens. Certaines photos feront effet sur votre envie de partir à la conquête de la côte du Costa Rica. Ce serait vous mentir de dire que j’y suis arrivé à la force de mes pieds, de mes bras et chargé comme un âne. Après un retour sur mes pas (les leçons de Guigui m’ont aidé à faire le bon choix) j’ai enfin trouvé José. Pour vous rassurer je suis arrivé à Punta Mona lundi soir à 17h30 grâce à mon ange gardien qui veille sur moi depuis la France.

J’y ai découvert un lieu loin de tout (TOUT prend tout son sens). Cet endroit méritait vraiment le déplacement. Une nature chargée de couleurs où le regard papillonne d’une fleur à une autre, d’un insecte à un autre, d’un arbre à un autre. Il existe bien un lieu secret du monde où plantes, arbres et animaux vivent en harmonie avec les hommes. Mes yeux sont chargés d’images que je ne pourrai vous montrer. J’ai tout de même quelques photos. Tout a été aménagé tel un camp, fait de chalets en bois pour habitation au milieu de la forêt tropical. Nous n’avons pas accès à Internet et à l’électricité depuis le début du stage (Punta Mona fourni son électricité grâce à des panneaux solaires) mais c’est pour bientôt, du fait du retour du soleil, absent depuis le début du stage. L’eau, les multiples tisanes aux épices fraiches et les fruits sont à profusion. Je vous parlerai plus en détail du lieu, des plats goûteux dans un prochain message.

J’y ai été accueillis par un groupe de personnes adorables (20) qui n’hésitent pas à me parler même s’ils ont compris que ce n’était pas facile pour moi dans la compréhension. Il y en a même quatre qui parlent français en plus des autres langues. Les temps de formations se faisant en anglais, je vous avoue que depuis deux jours j’ai l’impression d’être vite perdu quand ils partent dans des concepts philosophiques, économiques de permaculture. Je fais des bourdes en anglais tout le temps. Le plus frustrant c’est lorsqu’ils me posent une question et que tout d’abord j’ai du mal à comprendre. Vous me connaissez, j’aime bien donner mon opinion et ne rate jamais une occasion de la dire. Mais lorsque c’est mélangé au stress de ne pas réussir à trouver les bons mots, mes mots se mélangent et ne veulent plus rien dire.

Après 4 jours où je reste le plus souvent possible le regard accroché à leur bouche, et aux mots qui en sortent je commence à libérer ma parole même si ce que je dois dire n’a certainement aucun sens. Eux aussi s’accrochent à ce que je veux dire. Avec le temps, chacun, chacune apprend à me connaître et cherche à communiquer avec moi que ce soit dans les temps de formation ou dans les échanges du quotidien. Je suis vraiment touché par leur envie de venir à ma rencontre malgré la difficulté d’avoir une conversation. Il y a vraiment un sentiment de partage quant au fait d’être étranger parmi les étrangers. Ils viennent de partout dans le monde. La formatrice félicite très souvent les efforts de participation quant aux échanges en groupe que je tente de faire et reconnait le challenge que je me suis donné.

C’est un peu cela l’esprit de la permaculture, « seul on peut être en difficulté mais ensemble on peut surpasser les difficultés dans nos complémentarités ». Il est vrai que mes objectifs de formation professionnels sont à la traînent par rapport aux faites de vivre une expérience humaine qui me rappelle combien il faut savoir être patient et humble avec soi même pour intégrer un groupe.

Hier soir, autour d’un feu de camp, j’ai conté devant tout le monde « In english please ! ». Et j’ai tenté d’appliquer mes apprentissages avec Carole (le maître de la Fore du Conte) pour les faire voyager en Afrique avec le conte de l’arbre aux deux branches. Ainsi, vous aurez compris que parler en anglais ne me fait plus peur, même si je me tourne encore très souvent sur mes soutien en « Translation = Traduction ».

Je profite avec beaucoup de plaisir de cet endroit et des personnes avec qui je suis en formation. Je retrouve peu à peu un rythme de dodo très sain, levé (6h local) et couché (21h). Du fait que le soleil se couche vers 18h30 ~ 19h, les Costa Ricains (les Ticas) parlent d’un midnight (minuit) Costa Ricain lorsqu’ils parlent du coucher vers 21h. C’est avec grand plaisir que je retrouve les joies de la bougie le soir. Et pour vous donner une dernière anecdote en parlant d’électricité, avant de repartir en formation, ce matin j’ai voulu me raser avec ma tondeuse électrique. En plein milieu de la coupe, la batterie était HS, je vous laisse imaginer dans quel état je pouvais être à l’idée de rejoindre le groupe en mode double face. Heureusement, j’ai mon roomate qui avait la sienne pleine d’énergie.
Je n’ai pas encore d’adresse postale à vous communiquer, mais je n’hésiterai pas à vous la transmettre dès que possible. Prenez soin de vous 😉
A très bientôt,
Jordan