Mes découvertes

Dernière mise à jour : 22/01/2018

Avant toute chose, vous pouvez retrouver des photos et des vidéos de la formation sur la page facebook de Punta Mona (lieu de la formation au Costa Rica): //www.facebook.com/puntamonacenter/

La Permaculture, un va et vient entre savoir et pratique
Au terme de cette formation, je prends enfin le temps de me poser sur les découvertes de permaculture. Dans un contexte général, chaque leçon a suivie a peu près le même processus :  Prendre du recul et lister les ressources, les limites, les stratégies à adopter pour chaque chose que l’on perçoit pouvant être modifié dans l’environnement, pour transformer l’environnement de la manière la plus naturelle qui soit.
Au départ nous partons d’un emplacement, d’une situation pour la présenter en sociogramme (système de bulles interconnectées qui partent en générale d’une bulle centrale) pour en faire une lecture qui permet aussi parfois de trouver des liens de causes à effets.
Suite à cela, on peut y percevoir les problématiques et y répondre en trouvant la solution adaptée liée aux ressources présentes ou  à intégrer à l’environnement si possible.
Cela paraît simple, mais si on part du principe qu’on veut drainer l’eau de la façon la plus naturelle possible pour éviter l’érosion de la terre, nous avons à connaître différentes techniques qui nous ont été présentés (et ce n’était que quelques exemples). Je crois qu’en rentrant je vais pouvoir bouquiner en français les différentes techniques qui existent. Mais ce qui me manque surtout maintenant, c’est de passer à la pratique. Durant les deux semaines nous avons fait un « pond », une espèce de récupérateur d’eau qui prend la forme d’un mini bassin pour éviter l’accumulation d’eau à un certain endroit.
Ce qui est bon à savoir, c’est que le Costa Rica ne manque pas d’eau de pluie, voir en ont trop s’ils se laissent prendre par les pluies torrentielles continues sans avoir prévu de système de drainage. En effet sur 2 semaines, nous avons eu les 3 premiers jours super ensoleillés avec pour réveil le levé du soleil en bord de plage. Mais après ce ne fut que de la pluie avec quelques éclaircies. Et pour dire, je crois que la Normandie ne peut rivaliser avec cette météo.
Pour imaginer un peu le climat tropical, on peut avoir soit l’image des pieds dans le sable assis contre un cocotier au bord de plage ensoleillé, soit les pieds pleins de boue et les fesses par terre essayant désespérément de chasser les moustiques dans une forêt verte chlorophylle sous la pluie. Alors, ça donne envie ? La Normandie reste une contrée très chaleureuse de nature 😉
Je me suis égaré, mais je reviens à mon premier sujet :
Ainsi durant la semaine on a appris à maximiser les ressources et faire en sorte que chaque plante s’auto équilibre, il existe tellement de techniques comme par exemple « Keyhole Garden » ou «  Zaihole Garden » ou « Hugelkultur », et tellement de chose à savoir sur les plantes selon leurs besoins en minéraux, leurs racines et les effets quelles ont vis-à-vis du sol et des interactions avec la faune.
J’ai surtout apprécié la leçon sur les insectes, sur les plantes médicinales, les nutriments des plantes, les systèmes de stockage et de drainage de l’eau. Le must du must ça reste tout de même toute la partie casse tête sur le design d’un espace dans le fait de réfléchir et de dessiner différentes propositions après différents temps d’observation du milieu. (J’aimerai beaucoup vous envoyer des photos, mais la connexion n’est vraiment pas adaptée).
Une chose que je me suis dit pendant toute la formation : Heureusement que j’avais au préalable expérimenté différentes techniques, vu des tas de vidéos, lu des livres ainsi que discuté de ce sujet avant de partir. Sur plusieurs moment c’est ce qui m’a sauvé dans la compréhension des sujets abordés.
J’ai vraiment envie de refaire cette formation mais en français maintenant, car la frustration reste trop grande 😉 Ce sera soit dans la pratique au Costa Rica, au Canada et sur une formation en rentrant en France.
Je vais pouvoir réfléchir aux différentes fiches sur la permaculture que je compte faire à destinations des enfants mais aussi adapté aux adultes.
Après une « muddy » party suivis d’un bain d’eau , je cours profiter de la dernière soirée de stage où l’on fait la fête au chocolat !
Petit rajout de dernière minute ! Je suis officiellement certifié ce lundi 21 janvier d’une durée de stage de 72h de formation permaculture in Punta Mona, in english !
J’ai trop envie de vous partager toute cette joie personnelle que j’éprouve à l’idée d’avoir réussie cet exploit qui parfois me paraissait insurmontable au vue des différents travaux où j’ai dû faire preuve de patiente avec moi-même, de self-control sur mon perfectionnisme pour ne pas culpabiliser d’aller à ma vitesse et pas aussi vite et efficace que les autres.
Voici quelques photos de la vie de tous les jour à Punta Mona :
J’espère que vous verrai un peu plus de photos, si j’arrive à en envoyer. Pleins de soleil pour vous, aujourd’hui c’est repos et farnienté 😉 Des bisous.
Jo
Le 13/01/2018 :
Une réalité aux 1000 merveilles

Je me réveille à peu près 5h45 du matin (heure locale) en général dans cette jungle tropicale, loin de toutes connexions urbaines. « My favorite moment » c’est lorsque j’arrive sur la plage. Les crabes et bernard l’hermite s’enterrent, je suis en général le premier à les déranger dans leur journée. Il y a une grosse souche, plutôt confortable, lavée par le passage de la mer, sur laquelle je m’assieds et je contemple le soleil qui sort de son lit d’eau pour rayonner sur l’ensemble des plantes, des fleurs, des fruits et des animaux, tout en habillant la mer de mille éclats . Chaque couleur est nuancée dans les tons vifs, Monet aurait été ravi de collecter ces différentes projections de lumières pour donner encore plus de vie aux Nymphéas. Mais s’il y a un amoureux des couleurs parmi vous qui souhaite partager cela, je ne suis pas contre…
Maybe …
Nous partageons notre quotidien avec des colibris qui viennent papillonner de fleur en fleur. Certains jour les singes et leurs bébés viennent jouer de branche en branche et nous narguer quand nous sommes encore en cours. Les couleurs vives et métalliques des iguanes, des lézards, des papillons stoppent souvent le groupe qui se dit avec des étoiles dans les yeux « Ohhh it’s so cute ! ». On pourrait passer pour des enfants qui s’extasient devant les fourmis, les chenilles, les serpents, les insectes que je ne saurai nommer. Je suis sûr que je pourrai obtenir un label avec la listes d’insectes découverts en seulement trois jours. J’y ai même trouvé des phasmes du plus petit au plus grand. Bien sur je passe sur les araignées que je ne prends pas vraiment le temps d’admirer, mais c’est vrai, elles sont gigantesque ! Si j’arrive à prendre des photos j’en ferai profiter.

Tous les sens en ont pour eux, car il y a autant de couleurs dans ce que nous mangeons et l’odeur qu’il s’en dégage, que dans les saveurs que cela produit à chaque fourchette. Je vous laisse imaginer un pays avec des fruits de toutes les couleurs avec des formes qui dépassent tout ce qu’ont pense pouvoir imaginer. A des hauteurs d’arbres plus ou moins importantes. Et oui, où serai le challenge si cela était trop facile…

Dans le lieu de formation entre la plage et les chalets d’habitation, il est simple de cueillir un fruit sur le passage et de découvrir sa saveur. D’ailleurs dans le genre de bourde de Gaston Lagaffe, un après midi en plein temps de formation, Ruffino vient nous servir et ouvrir des noix de coco fraichement ramassées. Il a donc utilisé sa machette pour retirer juste ce qu’il fallait pour la pellicule de coco afin de boire son lait. J’y suis allais franchement avec mon doigt pour tenter de percer. J’ai eu le visage éclaboussé à la Louis de Funès, suffisamment pour que le groupe explose de rire surpris par la situation.

Ce qui nous est préparé le matin, midi et soir, est exclusivement fournis par les récoltes de Punta Mona. Pour le moment, je n’ai jamais eu la même chose dans mon assiette, alors qu’on a à peu près 4 plats par repas. Même la salade est une découverte à chaque repas (ce n’est pas tout à fait de la salade qui pousse comme par chez nous, on cueille les feuilles d’une plante). Ils ont des sauces maison absolument délicieuses, tantôt sucrées, tantôt salées. On se comprends bien dans toutes les langues quand on exprime ce petit son pour se dire « Miam Miam » !

Tout ceci me fait prendre du recul sur le trop grand fossé entre nos étalages de supermarché et ce comptoir naturel très riche et varié ! Mercredi, avant la visite de la ferme (en format permaculture dans une forêt tropical), Stephan, notre formateur, disait qu’il y avait tellement de possibilités de combinaisons entre toutes les plantes, les climats, les animaux, les sols, que nous n’aurions jamais fini de découvrir tout ce que la nature nous offre pour notre alimentation dans ce qu’il sort de terre. Pourquoi se limiter à des tomates, des concombres, des bananes, des pommes (grossièrement) ?

Je suis sûr que si l’on compare le rayon vin avec celui des pommes de n’importe quel magasin, on peut se demander pourquoi en France nous sommes tellement limités dans la récolte de variétés anciennes de pommes qui font renaître nos origines, nos richesses de terroirs. Je pense à Brémontier Merval qu’il peut être sympa de visiter sur le temps d’un dimanche après midi en automne quand les pommes sont tombées. J’avais eu ce même sentiment un jour où au hasard de mon chemin j’avais ramassé une pomme pendant une partie de cache cache.
Ici on ramasse des fruits sorties de notre imagination qui nous laisse sans voix 😉 
It’s so Amazing !
Social relationship

Ahh, le groupe, c’est une aventure en elle-même quand il s’agit d’en faire partie tout en restant soi. J’ai l’impression de jouer aux montagnes russes jours après jours quant au sentiment personnel que j’ai, à l’idée de me dire que je suis intégré au groupe. Désolé pour la métaphore, mais c’est à l’image de mes pieds. Depuis Lundi où j’ai marché vers Punta Mona, je suis arrivée avec des épines (spinners) qui m’empêchent de poser le pied complètement au sol. J’ai pourtant les pieds nus comme tout le monde afin de vivre le plus naturellement possible la connexion à ce qui m’entoure. Et petit à petit, ces échardes je les retire et fini par me soigner pour marcher tout à fait normalement comme tout le monde. Ne pas parler anglais, c’est un peu comme avoir des épines très mal placées qui nous empêchent de se mettre en marche vers d’autres. Les retirer, c’est accepter de se donner du mal pour mieux aller de l’avant. Jonathan and Arno me disent que je fais énormément de progrès « in english ». Je m’en rend pas compte. Mais je vois que c’est un plaisir de pouvoir tout simplement rigoler avec les autres de choses toutes simples, et de faire moi-même des petites blagues. Dans l’après midi, je fatigue très vite et mon cerveau dit STOPPPPP, alors j’écoute sans vraiment écouter. C’est là que je dois rester vigilant, car tout les autres pensent que je suis toujours dans la courses mais j’y suis plus vraiment, il ne reste que mon corps de présent. Mon esprit et lui ailleurs. Je vous laisse imaginer où … Jeudi soir, il y a eu un temps qu’on appelle « The Circle », ce qui correspond à un temps d’échange de partage sur soi, sur la vie du groupe, sur nos déplacements intérieurs. C’est là que j’ai compris que la vue est hyper importante dans la compréhension. Nous étions juste à la lumière de la bougie, avec en arrière plan le son des vagues. Ce fut un moment de grande frustration pour moi. De très belles choses ont été dites ce soir là, mais je fus le seul à ne pas comprendre. Quand ce fut mon tour de parler, j’ai voulu m’exprimer aussi librement en français en espérant traduire à mon tour, et être traduis, mais ce fut une nouvelle frustration de ne pouvoir partager ses impressions, ses ressentis. J’ai juste réussi à leur faire entendre ce dernier point, qu’en venant à Punta Mona, je connaissais ce risque de la compréhension, mais que je l’acceptais avec humilité, car cela fait partie du jeu. Je vie peut être pas certains partages avec le groupe, mais je suis beaucoup plus ouvert et sensible à d’autres échanges aussi essentiels. J’avais déjà vécu le dépassement de soi physiquement, moralement mais en ce moment je crois que je le vis à nouveau socialement. C’est un sacré challenge, où l’on a l’impression que chacun est à sa place mais que soi-même on doit légitimer notre place au sein de ce groupe. Je fut rassuré hier soir par Jam qui me disait que tout le monde est en difficulté dans le groupe, et que chacun à sa manière tente de trouver sa place selon son niveau de compréhension et d’expression « in english ». Il y a bien quelques choses qu’il n’y a pas besoin de traduire pour comprendre, c’est le paralangage, et cela comme vous le savez, je le capte assez rapidement. Donc je peux profiter de cela pour communiquer à ma manière. Qu’est ce que c’est agréable de voir, de partager des sourires et des rires de joies, c’est vraiment magnifique et revitalisant quand ça ne va pas. D’une certaine manière on profite d’une très belle météo extérieur et intérieur, les nuages sont très vite dégagés par une éclaircie, un rayon de soleil. Un exemple qui va vous faire rire : On visitait mercredi matin la forêt, et à un moment je n’ai pas compris, tout le monde s’est déshabillé (oui oui, complètement !) pour aller se recouvivre de boue trouvé à la racine d’un arbre. Je me suis dit « What the f… !?! », que font ils ? Et j’entends encore Stephan « Hé Jordan ! Come on ! ». Je fus le dernier à les rejoindre et j’ai compris ensuite que c’était pour expérimenter le cadeau de la nature dans les soins qu’elle nous offre. La matinée s’est terminé sur un bronzage sur la plage pour faire sécher la boue et ensuite la rincer dans une bonne partie de « swimming ». Quel plaisir ce moment en groupe, où chacun vivait l’entre deux, la gène et la simplicité d’un petit bonheur naturel. The permaculture choice it’s a crazzy and simple choice ! Quand vous êtes vous déjà demandé : «Est-ce que j’ai fait le bon choix ? ». Pour moi, ce sont tout ces petits moments de soleil intérieurs qui viennent me conforter dans ce choix. Le plaisir du groupe et très intimement lié au plaisir d’être seul. Et il m’arrive régulièrement de chercher un petit endroit seul sur ce petit bout de fin fond du monde. Barney, j’ai pris en photo sous tout ces angles, une magnifique cabane en bois en haut d’un arbre (plus de 2m). Ils ont même eu la superbe idée d’y installer un hamac, it’s so amazing ! J’espère qu’un jour, dans ce futur projet de jardin pédagogique, je pourrai y construire une aussi revitalisante.

Sur ces mots, je vous souhaite un bon week end ! Il y a une autre réalité qui me rappelle au quotidien, j’ai du linge à lessiver 😉 Les plaisirs de la simplicité, ah je sais comment vous donner envie !!! 😛
Jordan