Challenging Work

Dernière modification : 23/02/2018

Un voyage intérieur, en quête de quoi ?
Cela fait plus d’un mois que j’ai quitté des habitudes bien normandes pour m’en reconstruire de nouvelles. C’est très étrange pour moi que de vivre dans un endroit qui n’est pas celui qui m’a vu naître et grandir. J’ai en permanence des souvenirs qui me poussent à reconnecter avec mon lieu natal. Dans la découverte du lieu, chacun de mes sens me rappelle en permanence que je ne suis pas un natif du lieu où je me trouve. J’essaye en ce sens de comprendre combien il doit être difficile pour quelqu’un qui change de ville, de pays pour un certains temps de ne pas prendre la fuite pour retourner d’où il-elle vient. Alors j’imagine pas comment cela doit être compliqué pour une personne qui cherche à fuir le danger de son pays et qui se voit socialement refusé là où il-elle cherche refuge.
Et pourtant, j’ai fait un choix celui de partir pour vivre l’aventure et maintenant je dois l’assumer.
Facile à dire, alors il me faut remonter les manches et prendre au corps ce dilemme qui est avant tout une épreuve physique, affective et morale intérieure.
Heureusement, les voyages intérieurs c’est une chose que j’aime tout particulièrement même si cela reste éprouvant.
Je crois que tous les liens que j’ai construit en France reste une ressource première permettant d’avoir un lien rassurant et m’encourage dans cette étape de vie. J’ai l’impression de revivre un passage de vie que vous connaissez tous. Les premiers pas d’un enfant, qu’on encourage à marcher pour lui apprendre à découvrir le monde d’une autre hauteur. L’apprentissage de la douleur de plusieurs chutes pour parvenir enfin à trouver une joie plus grande, celle de voyager par soi même en confiance pour mieux dépasser ses peurs.
 
Après plusieurs jours, j’ai découvert au Costa Rica le vrai fondement de ma volonté de partir. La peur de ne jamais savoir si je suis capable ou pas, de partir seul, à 9000km sans savoir parler la langue commune qu’est l’anglais, aussi longtemps.
Il m’aura fallu sentir au fond de mes tripes, la volonté de ressortir à tout prix avant que se referme l’entrée de cette mini hutte/lodge qui allait abriter hermétiquement une cérémonie amérindienne, avec 15 hommes assis au sol, les jambes pliées, serrer telles des sardines dans le noir. Ce lieu allait devenir un vrai sauna avec en son cœur des pierres brulantes préchauffées dans un feu de joie digne d’une dernière veillée de camp scout, puis arrosées régulièrement d’eau durant plus de 3 heures.
J’ai donc veillée le feu pendant plus d’une heure seul dans le noir de la jungle tropicale, où insectes et autres bestioles qui ne sont pas magnifiques pour rien. J’avais troqué des peurs contre d’autres. C’est là que j’ai commencé à prendre conscience des raisons qui m’ont fait rater une telle chance de vivre ce genre de cérémonie qui ne se représenterai pas de si tôt, mes peurs. De façon globale, j’ai relu ce qui m’avais fait reculer la date de mon départ pour le Costa Rica, m’empêcher de nager dans la mer des caraïbes seul ou parler anglais, et ce qui m’avait poussé à prendre confiance en moi. Depuis, je relativise mes peurs qui me poussent à quitter le Costa Rica plus tôt et je prends le temps de considérer mes choix et les intérêts qu’ils ont pour moi. Je ne regrette pas d’être sorti de cette lodge pour en contre partie révéler dans ma nuit à la lueur du feu, une vérité qui fait grandir cette confiance que j’ai dans les choix que je fais.
Je dois trouver de nouveaux repères qui m’aide à prendre racine pour résister aux différents vents de doutes ou de solitude pendant, même si au fond de moi, j’ai un petit quelque chose qui me donne à réfléchir d’autres aventures.
Il y a 21 volontaires et différents leaders. J’apprends à communiquer tout doucement avec eux.
Je n’ai pourtant pas beaucoup de mots à mon actif pour rentrer dans leurs superbes conversations où chacun offre une partie de soi aux autres. Et moi à côté de cela, j’ai beaucoup d’envie de partager avec eux, mais ma bouche et mon esprit ne peuvent pas me permettre d’en dire autant. Je constate au fur et à mesure du temps durant ces longues journées de fatigue anglaise, que ce challenge est carrément culotté vis-à-vis de mon niveau en anglais ! C’est en cela que je vie ma vie, dépasser certaines limites que j’ai toujours eu !
Au début, je ne quittais pas les deux personnes du lieu qui parlait français et quand j’étais pas avec eux, j’essayais d’éviter la discussion avec les autres. Je me positionnais comme observateur afin d’écouter et tenter de comprendre le sens, ne serais ce que global de leur conversation.
Parfois même, pendant les repas je me mettais à des tables tout seul pour être sûr de profiter de cette pause en anglais. D’ailleurs ce fut souvent loupé, car il y avait toujours un petit curieux qui venait voir qui j’étais et me poser des questions. Et je les en remercie ces casses pieds du repas.
Ces même personnes, on pris le temps très souvent de s’inquiéter si j’avais tout compris au niveau des choses qui se disaient. Ahhhh la valorisation, il y a que ça de vrai en éducation ! J’ai continuer à traîner avec celles et ceux avec qui j’avais le sentiment de bien parler, quand ils-elles me remerciaient après chaque conversation pour le plaisir qu’ils elles avaient à discuter avec moi. C’était un plaisir bien sûr partagé ! Le bon feeling était en train d’opérer…
 
Différents moments ce sont passés et m’ont fait comprendre qu’il existe une langue universelle qui dépasse toutes les autres. Le jour où il y a eu une grosse araignée gigantesque sur ma moustiquaire qui avait décidé de profiter de mon repos. Vous l’aurez compris, j’en avais pas du tout envie. Je suis sorti demander de l’aide et j’ai trouvé Yaël et Louis qui venaient d’arriver. La peur, ce sentiment qui s’exprime de la même manière pour tout le monde nous a réunie sans avoir vraiment besoin de se parler, mais la compréhension était bien au rendez vous.
C’est comme ce fameux jour, où j’ai bien vu que Claire était en train de pleurer, de façon très intuitive j’avais compris que je pouvais être présent pour elle, l’écouter de façon attentive sans forcément tout comprendre. J’avais juste à l’accompagner dans ce moment où elle ressentait une certaine douleur de sa séparation amoureuse. Yaël aussi a eu quelques moments de doutes, de colères contre le fonctionnement de ce lieu que je pouvais comprendre. Je pouvais tendre cette oreille attentive qui s’active au son du cœur. Ce son qu’est celui de nos sentiments qui résonne chez chacun de nous et que l’on peut percevoir qu’on parle ou pas la même langue. A partir de ces moments, j’ai capté que je restais le même qu’en France avec mes capacités d’accompagnements certes réduites mais j’étais bien vivant parmi les vivants.
C’est vraiment ces petits instants d’éternité qui m’ont aidé à comprendre que j’avais ma place dans ce groupe, que je parle ou pas la même langue. Eux aussi ont su accueillir mes différents moments de doutes, de fatigue morale. En échange, j’ai vécu tellement de moments où mon cœur à su faire vibrer et se faire entendre. En effet, mon rire, le son de ma joie, d’un bonheur partagé n’est pas anodin, et je dis très souvent merci pour avoir reçu ce don qui traverse toute les limites des langues étrangères. C’est celui-ci qui m’accompagnait et qui parlait pour moi, quand nous étions en pleine partie de jeux de cartes, le Kem’s, le Tas de merdes, le Président et j’en passe.
Les jeux de Société, ça aussi c’est universelle !
Le feeling est de plus en plus passé, et je me suis lié d’amitié avec Arnaud de Suisse, Louis et Jenna du Minnesota, Yaël d’Israël, Olivia du Danemark, Jonathan du Nicaragua, P.O et San du Québec, Nick le baroudeur cuisinier qui vit par ci par là quand bon lui semble. Ils vont me manquer après mon départ, c’est magnifiques personnes, tout comme ces premiers visages souriants qui ont su m’accueillir lors de mon arrivée, Ericka, Bess, Lala, et Brooké. Je peux le dire aujourd’hui, comme vous me l’aviez dit, j’ai rencontré de très belles personnes.
Je ne regrette vraiment pas d’avoir fait ce choix qui me paraissait difficile de quitter ma zone de confort et de vivre pleinement ces vibrations intérieurs pour m’ouvrir à d’autres horizons, pour ouvrir mon cœur et mes yeux à une autre dimension, celle de relation internationale. Essayez vous verrez aussi que votre cœur sait parler toutes les langues !
Le volontariat, un juste équilibre entre travail et repos
Pour ce qui fut du quotidien, dans les activités de cuisine, de jardin, de ménage, de bricolage, ce n’est pas le cœur qui m’a aidé. Ce fut tout autre chose, ma patience, l’humilité et surtout mes yeux. Everytimes, I ask my work’s partner for he will show me before how he do it. Car je ne comprenais pas toujours les différents mots qui correspondaient à « brouette », « pelle », « émincer », « balai », etc. Même après quelques jours où j’avais mémorisé ces mots, les actions sont tellement précises que parfois arroser des plantes ou couper des légumes peut devenir compliquer. Tout le monde n’a pas toujours la technique pour être a good teacher. Mais j’ai pris l’option de ne pas travailler dans l’initiative. Imaginez ma frustration. J’ai donc choisi l’option, d’être au service des autres, « You need help ? » again, again, and again. Être la petite main de quelqu’un fut une manière pour moi de m’apercevoir que les gens quand ils ont besoin d’aide sont prêts à vous expliquer et prendre le temps pour vous. Et moi je pouvais regarder, prendre ce temps nécessaire de l’apprentissage. La construction du four avec la préparation du ciment et des pierres de corail fut un moment magique pour moi, où Appolo ne pouvait faire cela seul et nous avons trouver différents moyens de communiquer jusqu’à ce que la team puisse se comprendre sans même se parler, juste avec une attention particulière aux besoins de l’autre. On l’a fait ! Après 4 heures de travail sans pause, nous avons finis par y arriver et vous le verrez, la première partie de la construction a une belle tête au vue de la photo que j’ai prise le lendemain.
Ici il y a une manière de se dire bonjour, de se remercier, de se réconforter, de dire je suis là pour toi, se dire au-revoir, transmettre toute l’amitié et l’amour qu’on a pour quelqu’un qui est réunis dans un même geste, le « Hug ». Il s’agit du moment où l’on se prend dans les bras et on sert nos cœurs l’un contre l’autre. Ce paragraphe aura certainement pour vous des allures de moments « fleurs bleus » mais cela reste un fait qui m’est important de vous partager. Vous pouvez donc imaginer notre joie partagé à la fin de ce gros chantiers où je n’ai pas compté les coupures, les éclaboussures de ciment sur mes affaires, les litres de sueurs dépensés. Ca me rappelle une chanson « … à travailler sans chercher le repos … ».
Le repos, j’en ai vraiment besoin c’est dernier temps, c’est différentes semaines (6 jours sur 7) à charrier à la brouette du sable au différents emplacement du futur campement, à débroussailler les différentes allées pour éviter les nids à serpents, à déplacer les tentes, à nettoyer de fond en comble la cuisine, à cuisiner durant 4h par jour, le ménage, la vaisselle, désherber le Mandala Garden sous un soleil de plomb, à déplacer plus d’une centaine de morceau de toit en palmier et ses épines souvent accompagnés dans toutes ces épreuves de nos chères amies les fourmis qui piquent super bien (Attesté et approuvé), ce fut difficile de récupérer chaque nuit. La pression s’est fait ressentir sur Punta Mona avec l’arrivée des 100 personnes qui se préparent avec beaucoup d’enthousiasme au Festival de Permaculture « Envision ». Je continue malgré cette fatigue à tenir bon grâce au moments partagés avec copains et copines volontaires du lieu. Heureusement, la pluie s’est montré plus clémente que par chez vous.
J’ai réussi à trouver un équilibre entre les moments où je suis seul avec moi-même et les moments avec les autres. Je ne vais pas à toutes les cérémonies et célébrations du soir, et je me pose seul parfois rejoins ou pas, mais je vais me coucher vers 20h la plus part du temps. Ce qui me permet de reposer mon corps et mon esprit de ces longues journées où parfois j’aimerai dire STOP !
Une chose que je savais déjà, c’est que travailler pour l’intérêt de quelqu’un qui n’est pas le même que le mien, c’est vraiment pas facile.
Après quelques jours de durs labors, les volontaires et moi-même ont demandé à prendre un temps avec les responsables volontaires afin de parler du manque de pratique permaculturel dans ce lieu, où nous pensions payer en gage d’une qualité de formation en pratique de permaculture. Ce qui ne fut pas le cas durant mes 4 semaines de volontaires. Ils ont pris conscience que tout les chantiers n’étaient tournés que sur l’entretien du lieu et l’agrandissement de la capacité d’accueil du futur groupe des 100. Arno, mon roomate qui lui est en stage ne s’y retrouve absolument pas non plus et finis par penser à quitter le lieu. Sam et PO ont fait de même, et Louis et Jenna y réfléchissent aussi.
Je profites de chaque instant comme si c’était le dernier dans ce lieu car je commence moi aussi à réfléchir au départ. La situation inconfortable de l’attente de ma nouvelle carte bancaire, du vol de mon argent lors du premier jours me complique bien les choses. Et pourtant j’ai envie de braver encore une fois mes peurs de l’étranger, et sortir de cette nouvelle zone de confort. Jenna et Louis me propose de visiter quelques jours le pays. J’ai envie d’aller au Nicaragua, de rencontrer de nouvelles personnes sur mon chemin. Cette introspection encore une fois pour faire le choix de bouger seul et/ou accompagné est encore une fois une situation où je sais d’avance que je vais vivre certaines situations inconfortables. Mais c’est en cela que je saurai vraiment apprécier et chérir chaque moment de mon quotidien en France à mon retour et mieux relativiser les sources d’inconforts qui s’imposent à nous régulièrement.
Voici les différentes tâches que j’ai eu à accomplir 😉 ENJOY !
        – Les différents Meetings
       – Recouvrir les allées de sables pour que la terre et le sable se mélange au fur et à mesure du piétinement. Ce qui favorise l’infiltration de l’eau et évite les patinoire de boue
       – Recouvrir le sol de l’enclos à poule de feuille pour qu’il y est un équilibre entre carbone et nitrate, ce qui peut servir ensuite si on ratisse de compost et d’engrais.
       – Découpé à la hachette les tronçons de bananier pour introduire dans le compost
       – Protéger de feuilles la hugelkultur à côté d’un bassin « pond ».
       – Faire partir le nid de fourmis du terreau avec des fumigènes naturels
       – Retirer les feuilles des chemins pour éviter que ceux-ci ne redeviennent de la terre (humus) et donc propice à la boue
       – Découper un bosquet de bambou pour y faire un passage pour des nouveaux feuillets en devenir
       – Faire du terreau avec le compost en le passant au tamis
       – Déterrer des arbres et arbustes pour retravailler une zone de culture
       – Passer au moulinet les coquilles d’œufs pour en faire une farine à mettre dans le compost ou au pied des plants de tomates
       – Recycler les bouteilles et bidons en plastique pour en faire des pots de fleurs
       – Récupérer les bouteilles en verre
       – Création d’un four avec ciment et rocailles
       – Transport de sable pour préparer le campement contre les futures grosses pluies
       – Recouvrir le mandala de feuilles pour protéger les nutriments stocker dans le sol du soleil après lavoir désherber
     – Creuser une tranchée tout autour d’un lit de culture pour y mettre du bois en décomposition et l’enterrer afin d’y mettre des pierres de rocailles (plus jolie) en bordure.
     – Chercher les chenilles et les écraser sur les feuilles de salades pour que la plante intègre une défense immunitaire contre celles-ci.
     – Nettoyer au pulvérisateur les feuilles de salades des différents œufs d’insectes déposés chaque nuit afin qu’ils tombent en terre et meurt.
     – Aider Arno à écrire son rapport de stage en Français.
     – Pratiquer le « love tree »
     – Transplanter les baby trees dans le nouveau espace de la ferme
     – Créer des littles gardens dans des noix de coco afin de décorer les différents espaces de la Mainhouse.
Mes agréables journées « Day Off »
     – Recoudre ses affaires
     – Faire sa lessive (For this week, WAITING)
     – Couper une coco fraichement tombé à la machette pour déguster son jus devant la plage qui se réveille.
     – Profiter d’un bon hamac pour faire une sieste ou lire un livre (de préférence, en haut de la cabane).
     – Vous écrire
     – Prendre des photos et des films
     – Lire
     – Peindre
     – Ecrire les articles
     – Jouer aux cartes et papoter avec les potes volontaires
Sur ce long moment de partage de mes dernières explorations,
Je vous souhaite de savoureux moments partagés à venir, plein de Hugs et de bisous !
Jo